Tous les articles
Carnet de bord

Deux devis, 40 % d'écart : comment comparer

Roméo

Roméo · Fondateur

11 min de lecture

Deux devis pour le même projet, 40 % d'écart : comment les comparer#

Sur notre premier gros projet, le client avait deux devis sur son bureau. Le nôtre, et un autre, 40 % moins cher. On n'a jamais vu celui d'en face. On a baissé notre prix, parce que c'était notre premier projet et qu'on le voulait.

Ce qui nous a marqués, ce n'est pas d'avoir baissé. C'est d'avoir compris, après coup, que notre client n'avait probablement pas lu le devis. Il avait lu le prix. Et on ne peut pas le lui reprocher : un devis de développement, c'est souvent quatre pages de termes qu'il n'a aucune raison de connaître, écrites par quelqu'un qui oublie que le lecteur n'est pas développeur.

Depuis, nos devis sont courts. Les prestations en français, un prix, une date. Et à côté, un dossier séparé qui explique chaque fonctionnalité : à quoi elle sert, pourquoi on la construit comme ça, avec quelle technologie. Le client peut lire l'un sans l'autre. C'est la seule façon qu'on ait trouvée pour qu'un devis se compare autrement que par son total.

L'écart est réel, et il est plus large que vous ne le pensez#

La Fabrique du Net a compilé plus de 1 300 projets réels en 2026. Un e-commerce sur mesure s'y négocie à 45 000 € en médiane, avec la moitié des projets entre 20 000 et 65 000 €. Un site applicatif sur mesure tourne autour de 18 000 €. Et à Paris, comptez environ 50 % de plus qu'ailleurs en France.

Le détail intéressant, c'est que ce surcoût parisien ne vient pas des salaires. L'écart de taux journalier entre Paris et le reste du pays est de 5,6 % pour un développeur front-end : 566 € contre 536 €. En revanche, l'écart entre un développeur de deux ans d'expérience et un de quinze ans est de 317 € contre 671 €, soit plus du double.

Autrement dit : ce que vous payez en plus chez une grosse structure, c'est rarement le développeur. C'est la structure.

Pour vous donner un repère concret : on a devisé 15 000 € une plateforme e-commerce multi-établissements, trilingue, avec intégration au système de caisse, centralisation des commandes venues de trois plateformes de livraison, click and collect à créneaux et un tableau de bord à trois niveaux de rôles. C'est en dessous du premier quart du marché français pour ce type de projet. Les agences locales du pays concerné chiffraient le même périmètre entre 20 000 et 40 000 dollars.

Ce qui fait la différence, c'est ce qui est fini#

Le prix n'est pas le premier endroit où deux prestataires divergent. Le premier endroit, c'est la qualité de ce qui est livré.

Aujourd'hui, beaucoup de développeurs codent avec l'IA. Ce n'est pas un problème, on en vante nous-mêmes les mérites, et ça permet de construire vite. Le problème, c'est quand l'étape d'après saute. Vérifier les bugs. Vérifier la sécurité. Pousser le produit dans ses retranchements avant de le livrer. Un outil généré vite et non testé fonctionne parfaitement le jour de la démonstration, et vous coûte cher six mois plus tard.

Ensuite viennent des choses moins visibles sur un devis mais très visibles à l'usage. La qualité de l'interface et du parcours. L'optimisation du code et de la base de données. La simplicité d'utilisation, surtout, qui ne vient jamais par hasard : elle vient d'un temps de réflexion en amont, d'un vrai travail sur la façon dont vos équipes vont s'en servir tous les jours. C'est là que l'expérience se voit, en bien comme en mal.

Un outil que votre équipe comprend seule vous fait économiser des heures de formation, et surtout des mois de mauvaise adoption. Ça ne se lit pas sur un devis. Ça se lit sur une démonstration.

Le temps que quelqu'un peut réellement vous consacrer#

Il y a un facteur dont personne ne parle : combien de projets votre prestataire mène en parallèle.

Un développeur qui suit deux projets en même temps a un prix psychologique en dessous duquel il ne descendra pas, parce qu'un troisième projet lui demanderait significativement plus de charge mentale. Ce prix plancher n'a rien à voir avec le nombre de lignes de code à écrire. Il a tout à voir avec l'attention disponible.

Et c'est le vrai basculement de ces dernières années. Un développeur vend aujourd'hui sa réflexion plus que son code. L'IA permet de livrer une fonctionnalité extrêmement vite, mais le cerveau qui décide de quelle fonctionnalité construire, comment l'articuler avec le reste et ce qui va casser dans six mois, lui, ne va pas plus vite.

C'est aussi pour ça qu'on prend peu de projets à la fois.

La sous-traitance : un vrai sujet, mais pas le seul#

En agence, la sous-traitance explique une partie des écarts, et il faut le dire.

On n'y est pas hostile par principe. Si la qualité du code est suivie par un développeur de l'agence, et si des tests professionnels poussent le rendu dans ses limites pour vérifier les bugs et la sécurité, tout le monde y gagne. Le client obtient un meilleur prix. La personne qui code touche une rémunération correcte, souvent très correcte au regard de sa zone géographique. Et l'agence garde la responsabilité du bon déroulement du projet.

Le problème n'est pas la sous-traitance. Le problème, c'est la sous-traitance sans relecture ni tests. Alors posez la question directement, plutôt que d'essayer de la deviner dans un devis.

Les quatre postes qui manquent presque toujours#

En regardant des devis de confrères, ce sont ces quatre-là qui disparaissent le plus souvent.

Les frais d'infrastructure récurrents. Hébergement, base de données, services de déploiement. On voit très régulièrement des chiffrages qui les oublient ou les sous-estiment, parce que ce sont des coûts qui dépendent de votre trafic et pas du travail du prestataire. Ils sont pourtant sur votre facture tous les mois.

Les coûts liés à l'IA. Si votre outil appelle un modèle d'intelligence artificielle, chaque utilisation a un prix. Ces coûts sont difficiles à estimer précisément avant la mise en service, on ne va pas prétendre le contraire. Mais un prestataire qui n'en parle pas du tout ne les a pas anticipés.

La propriété du code à la livraison. C'est le point qui n'apparaît quasiment jamais, et c'est celui qui vous engage le plus longtemps. Est-ce que vous repartez avec le code source ? Avec les accès à l'hébergement ? Si ce n'est pas écrit, la réponse est probablement non.

La formation de vos équipes. Elle est presque toujours absente du forfait principal, et presque toujours proposée à part une fois le projet lancé.

Six lignes de devis qui devraient vous arrêter#

Trois qu'on ne vous cite jamais, et trois classiques à ne jamais laisser passer.

Les trois discrètes :

  1. « Hébergement inclus », sans durée et sans ce qui se passe après. Inclus pendant combien de temps ? Et ensuite, la facture arrive chez qui, et de combien ?
  2. « Compatible avec votre système existant », sans nommer le système. Compatible avec lequel exactement ? Qui fournit les accès techniques ? Et si votre outil actuel ne permet pas ce qu'il faut, qui paye l'étude ? Les intégrations à des logiciels tiers font dérailler plus de projets que tout le reste.
  3. « Optimisation SEO incluse ». Ça peut vouloir dire des balises correctes et une structure propre, soit une demi-journée de travail. Ou une vraie stratégie de contenu et de liens, soit plusieurs mois. Faites préciser laquelle.

Les trois classiques :

  1. « Développement sur mesure : forfait global », en une seule ligne. Si le périmètre tient sur une ligne, il n'y a pas de périmètre. Ce qui n'est pas écrit ne sera pas livré, ou sera refacturé.
  2. « Support et maintenance », sans montant, sans périmètre et sans délai de réponse. Un support qui n'a ni prix ni engagement de délai, c'est une phrase, pas un service.
  3. « Livraison sous X semaines », sans dire à partir de quand. De la signature ? De l'acompte ? Du jour où vous fournissez vos contenus et vos accès ? Entre ces trois dates, il y a souvent un mois.

Le taux journalier, ce chiffre qui dit peu de choses#

On a longtemps eu un taux journalier de 550 €. On ne l'applique plus sur nos missions, parce qu'on trouve qu'il n'a pas de sens.

On ne vend pas notre temps, on vend un produit livré. Si on passe plusieurs heures bloqués sur une idée et que ce blocage vient de nous, ce n'est pas à vous de payer notre brouillard. Et à l'inverse, si on livre une fonctionnalité très vite, ça ne veut pas dire que le prix devrait baisser : la rapidité a une valeur, elle est même ce que vous achetez.

Un taux journalier facturé au réel récompense la lenteur et pénalise la maîtrise. C'est pour ça qu'on préfère analyser le projet, poser un prix ferme, et s'y tenir. On prend le temps qu'il faut pour évaluer les besoins avant de chiffrer : parfois un appel, parfois plusieurs jours selon la taille du projet et la part d'inconnu.

Dans le même registre, méfiez-vous du référencement vendu avec une position garantie. Personne ne contrôle le classement de Google. Promettre une place, c'est vendre quelque chose qu'on ne possède pas.

Trois questions à poser avant de signer#

01

Est-ce que vos équipes utilisent l'IA pour coder, et comment vous vérifiez le résultat ?

La première partie de la question n'a pas d'importance. La seconde, si. Ce que vous voulez entendre, c'est comment les bugs et la sécurité sont contrôlés avant la livraison.

02

Reformulez-moi mon besoin avec vos mots.

Un prestataire qui a compris votre métier va vous décrire votre propre problème mieux que vous. Un prestataire qui répète votre demande à l'identique ne l'a pas encore digérée.

03

Quels seront mes frais récurrents, et que couvre exactement la maintenance ?

Demandez des montants, pas des pourcentages. Et demandez ce qui se passe si vous ne prenez pas la maintenance.

Peut-on vraiment comparer deux devis ?#

Honnêtement, seulement si le périmètre est proche. Deux boutiques en ligne, oui. Deux outils métier aux capacités comparables, oui. Une application web contre une automatisation, non : ce sont deux natures de projet différentes, elles n'ont ni la même durée, ni la même complexité, ni le même effet sur votre activité.

Avant de comparer les totaux, ramenez les deux devis au même périmètre. Ligne par ligne, ce que l'un contient et l'autre non. C'est fastidieux, ça prend une heure, et c'est la seule heure de votre projet qui vous fera peut-être économiser plusieurs milliers d'euros.

Et si un devis ne vous permet pas de faire cet exercice parce qu'il est trop vague ou trop technique, ce n'est pas votre faute. C'est une information sur son auteur.

Parlons de votre projet#

Si vous avez un devis en main et que vous ne savez pas quoi en penser, dites-nous en deux mots ce que vous avez en tête. On vous dira franchement ce qu'on en pense, y compris quand la bonne réponse est de rester sur un outil du marché.

Parlons de votre projet

Questions fréquentes#

Partager

Commentaires

Aucun commentaire pour l'instant. Lancez la discussion.